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Pouran Nazemi risque d’être emprisonnée à tout moment

Statut: 
Condamnée
À propos de la situation

Le 12 octobre 2026, Pouran Nazemi et son avocat ont été informés que l'appel interjeté contre les peines d'emprisonnement prononcées par contumace à son encontre par la 1re branche du tribunal révolutionnaire de Mashhad n'avait peut-être pas été enregistré. Pouran Nazemi risque donc d’être emprisonnée à tout moment.

À propos de Pouran Nazemi

Pouran Nazemi est une défenseuse des droits humains qui milite activement pour les droits civils depuis 2005 dans le sud de la province de Kerman, en Iran. Elle travaille avec des femmes, des enfants, des prisonniers politiques, des familles en quête de justice et des groupes religieux marginalisés.

De plus, elle travaille avec la communauté agricole défavorisée de Jazmourian (qui vit dans une province intérieure du sud-est de l'Iran, touchée par le changement climatique) sur le renforcement des capacités des femmes, l'assainissement des puits et la sensibilisation à l'environnement. En raison de son travail, les autorités ont saisi ses terres et, en octobre 2023, le tribunal révolutionnaire de Jiroft l'a accusée d'« insulte aux principes sacrés de l'islam », de « guerre contre Dieu » et de « corruption sur Terre », des infractions passibles de la peine de mort en vertu du Code pénal islamique.

16 Octobre 2026
Pouran Nazemi risque d’être emprisonnée à tout moment

Le 12 octobre 2026, Pouran Nazemi et son avocat ont été informés que l'appel interjeté contre les peines d'emprisonnement prononcées par contumace à son encontre par la 1re branche du tribunal révolutionnaire de Mashhad n'avait peut-être pas été enregistré. Pouran Nazemi risque donc d’être emprisonnée à tout moment.

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Pouran Nazemi est une défenseuse des droits humains qui milite activement pour les droits civils depuis 2005 dans le sud de la province de Kerman, en Iran. Elle travaille avec des femmes, des enfants, des prisonniers politiques, des familles en quête de justice et des groupes religieux marginalisés. De plus, elle travaille avec la communauté agricole défavorisée de Jazmourian (qui vit dans une province intérieure du sud-est de l'Iran, touchée par le changement climatique) sur le renforcement des capacités des femmes, l'assainissement des puits et la sensibilisation à l'environnement.

Le 6 octobre 2026, Pouran Nazemi et son avocat ont interjeté appel contre les peines d'emprisonnement prononcées par contumace à son encontre par la 1re branche du tribunal révolutionnaire de Mashhad. Comme elle l'indique dans son recours, elle a été condamnée pour « propagande contre l'État », pour avoir « scandé des slogans non conventionnels » liés au verdict rendu par le tribunal pour « trouble à l'ordre public », ainsi que pour « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale et extérieure » pour avoir participé à un rassemblement illégal lors de la cérémonie commémorative en l'honneur de Khosrow Alikordi, organisée à la mosquée Qadir Baba Ali de Mashhad le 12 décembre 2025. Le 12 octobre 2026, son avocat a été informé que la demande de permission de sortie pour raisons médicales, déposée dans le cadre de la procédure d'appel, avait été rejetée par la 1re Branche du tribunal révolutionnaire de Mashhad et que l'appel n'avait peut-être pas été enregistré.

Le 26 septembre 2026, le garant de la liberté sous caution de Pouran Nazemi a été convoqué devant la 1re Branche du tribunal révolutionnaire de Mashhad. Il a été informé oralement que la défenseuse avait été condamnée à un total de cinq ans et neuf mois de prison. Bien que ni la défenseuse des droits humains, ni son avocat, n’aient pu prendre connaissance du verdict définitif, le tribunal a informé le garant qu’il avait prononcé des peines d’emprisonnement de trois ans et neuf mois pour « association de malfaiteurs et complot contre la sécurité nationale et extérieure », d’un an et six mois pour « propagande contre l’État » et de six mois pour « trouble à l’ordre public ».

À l'heure actuelle, on ignore le nombre exact de condamnations et de peines d'emprisonnement prononcées à l'encontre de Pouram Nazemi, la défenseuse et son avocat s’étant vus refuser l’accès au tribunal. Toutefois, si l'article 134 du Code pénal islamique venait à s'appliquer, la peine maximale prévue pour la peine la plus lourde prononcée, à savoir trois ans et neuf mois d'emprisonnement, pourrait être exécutée. L'article 134 du Code pénal islamique iranien stipule que si trois infractions ou moins passibles d'une peine de ta’zir sont commises, le tribunal prononcera la peine maximale pour chacune d'entre elles. Si plus de trois infractions de ce type sont commises, la peine dépasse le maximum prévu pour chaque infraction, sans toutefois dépasser une fois et demie ce maximum.

Le 12 décembre 2025, des agents des forces de sécurité en civil ont violemment arrêté et placé en détention Pouran Nazemi ainsi que quatre défenseuses des droits humains, dont Narges Mohammadi, Alieh Motalebzadeh, Sepideh Gholian et Hasti Amiri, ainsi que d’autres personnes qui participaient à la cérémonie commémorative organisée pour le septième jour de la disparition de l’avocat Khosrow Alikordi, dans la ville de Mashhad. Khosrow Alikordi, éminent avocat en droits humains connu pour avoir défendu des manifestants et des dissidents en Iran, a été retrouvé mort le 5 décembre 2025 dans des circonstances jugées suspectes par des associations de défense des droits civiques tant en Iran qu'à l'étranger. Le 12 décembre 2025, le procureur général de Mashhad a rejeté toutes les accusations de meurtre dans l’affaire de Khosrow Alikordi, affirmant que celui-ci était décédé des suites de complications cardiaques.

Le 4 février 2026, la défenseuse a été libérée sous caution, dont le montant a été fixé à 20 milliards d'IRR. D'après certaines sources, elle était en mauvaise santé tout au long de sa détention. Son nez aurait été cassé lors de son arrestation violente ; par ailleurs, son téléphone et d'autres effets personnels qui se trouvaient dans son sac à main auraient été confisqués et ne lui auraient toujours pas été restitués.

En juin 2026, la 1re Branche du tribunal révolutionnaire de Mashhad a condamné le défenseur des droits humains Javad Alikordi, frère de Khosrow Alikordi, à une peine totale de 18 ans d’emprisonnement, à deux ans d’exil intérieur, à une interdiction de voyager de deux ans et à la radiation définitive du barreau pour avoir cherché à obtenir justice concernant la mort de son frère.

Dans ce contexte, Front Line Defenders a documenté les actions ciblées incessantes dont font actuellement l’objet les défenseur⸱ses des droits humains qui œuvrent en faveur des droits économiques, civils, politiques et environnementaux au sein des communautés marginalisées en Iran, ainsi que le durcissement des mesures judiciaires visant à réduire au silence ces défenseur⸱ses des droits humains et leurs proches.

Front Line Defenders est vivement préoccupée par le fait que Pouran Nazemi risque d'être incarcérée d'ici peu. L'organisation estime que la condamnation et la peine prononcées à l'encontre de cette défenseuse des droits humains sont directement liées à ses activités légitimes et pacifiques en faveur des droits humains, notamment l'exercice de son droit à la liberté de réunion et sa lutte pour que justice soit rendue suite au décès du défenseur Khosrow Alikordi.

Front Line Defenders exhorte les autorités iraniennes à :

  1. Annuler les condamnations et les peines prononcées à l'encontre de la défenseuse des droits humains Pouran Nazemi ;
  2. Mettre fin à toutes les formes d’acharnement judiciaire à l'encontre de Pouran Nazemi et veiller à ce qu'elle ait accès à l'ensemble de la procédure judiciaire ainsi qu'au verdict rendu par la 1re Branche du tribunal révolutionnaire de Mashhad ;
  3. Veiller à ce que Pouran Nazemi et tous les défenseur⸱ses des droits humains en Iran puissent mener leurs activités légitimes en faveur des droits sans restrictions et sans craindre de représailles.